| La conception plastique de l'artiste est classique au départ. L'influence de l'Ecole des Beaux- Arts s'exerce, ce qui nous vaut d'admirables dessins et, toute sa vie, le peintre dessinera d'abondance : portraits, nus, natures mortes, paysages aussi. Il est, par contre, captivé par les techniques et la façon de rendre la lumière. La couche de peinture est épaisse, le couteau écrase largement la couleur déjà mélangée sur la palette. La dominante colorée est assez sombre à base de bleus, de violets, de terres d'ocre. Ce sont des toiles intimistes qui naissent à cette époque et des portraits assez somptueux. De temps en temp,s un nu intervient comme une musique à part.
Cette période de toiles extrêmement travaillées dans la pâte va faire place à une période plus dépouillée « pontavénienne » pourrait-on dire, qui va marquer le retour à la terre de l'artiste.
Il y a, là-dedans, du Colas Breugnon cher à Romain Rolland, le voisin peu éloigné mais ce que l'on constate, c'est qu'il va vers la simplification de la tache colorée, qu'il gomme le détail de plus en plus, ne gardant que l'essentiel du rythme. Entre Dunoyer de Segonzac à qui il fait parfois penser et tel peintre fauve ou héritier du cubisme, il a choisi sa voie, merveilleusement indifférent à ce qui se fait. Familier des grands Salons où il expose chaque année, il ne cherchera jamais à faire carrière comme on dit. Il aime trop l'art pour se galvauder et c'est un sage. Mais lorsqu'on voit une rétrospective telle que celle-ci on peut regretter qu'il n'ait pas voulu suivre le mouvement avec tant de dons qui étaient les siens. |